Une agonie qui débute bien avant l’entrée dans l’arène
Pour truquer le combat et affaiblir le taureau, rien ne lui est épargné : transport pénible, usage de tranquillisants et toute une panoplie de tortures.
Transporté dans des conditions de transport sans nom, le taureau ne peut ni boire ni manger et perd une partie conséquente de son poids.
Puis, vient souvent le rituel effroyable de l’«afeitado» une pratique interdite mais hélas courante. Elle consiste en une amputation à vif d’une partie de ses cornes pour le rendre moins dangereux pour le torero. Très douloureuse, cette opération modifie aussi le sens spatial du taureau dans l’arène.
Pour diminuer les capacités physiques du taureau, d’autres ruses sont utilisées : usage de tranquillisants, d’hypnotisants et de sprays paralysants, coton enfoncé au fond des naseaux pour rendre la respiration du taureau difficile, sacs de 100 kg lâchés jusqu’à une trentaine de fois sur le dos du taureau…
Quand le taureau pénètre dans l’arène, il n’est plus que l’ombre de lui-même, bien loin de la force de la nature qu’il était.
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Une mise à mort en 3 actes
Tercio de pique
Le picador plante la pique, long bâton qui se termine par une pointe métallique, entre les 4e et 7e vertèbres dorsales pour couper les muscles du cou et entre les 4e et 6e vertèbres cervicales pour sectionner les ligaments de la nuque. Le taureau ne pouvant plus relever la tête, le danger est pratiquement écarté pour le matador.
Les perforations provoquées par la « puya » enfoncée dans le corps de l’animal, d’une à trois fois, peuvent être très profondes jusqu’’à 40 cm. La blessure produit une perte de sang de plusieurs litres et cause de nombreuses déchirures dans les muscles et les nerfs.
Tercio de banderilles
Les banderilles sont des bâtons de 70 ou 80 cm de long terminé en forme de harpon. Le règlement impose trois paires de banderilles qui ont comme objectif de faire durer la torture et le saignement du taureau. Les mouvements nerveux et désespérés de l’animal augmentent la perte de sang, et les harpons accentuent le déchirement et la douleur dans sa chair meurtrie.
Tercio de la mort : EPEE, DESCABELLO, PUNTILLA
Selon les règles de la tauromachie, le matador doit tuer le taureau d’un seul coup d’épée dans le cœur. Bien souvent, ce premier coup n’est pas fatal. Le taureau épuisé et martyrisé doit alors subir plusieurs coups d’épées qui lui transpercent les poumons.
Si le taureau résiste encore, le matador pratique le « descabello » en plantant l’épée entre les deux cornes pour lacérer le cerveau.
Le coup de grâce est donné à l’aide d’un poignard (« puntilla ») planté entre la base du crâne et le début de la colonne vertébrale. Le taureau s’écroule et gît dans une marre de sang.
Pour le public, il est déjà mort et pourtant il est toujours vivant ne pouvant plus bouger paralysé par le sectionnement de sa moëlle épinière.
Alors qu’on lui coupe la queue et les oreilles, macabres trophées offerts au toreador, et qu’il est tiré vers l’écorcheur, le taureau est toujours conscient de son agonie.
Malgré sa masse musculaire et ses 500 kilos, la souffrance de l’animal est incontestable.
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